mercredi 7 septembre 2011

Rock en Seine - Parc de Saint Cloud 26, 27, 28 Août 2011

Rock en Seine, 2e edition pour moi, avec mes attentes et mes apprioris. Formée aux festivals du Nord, je sais que je ne retrouverai pas la joyeuse folie un peu limite et sans limite de Dour, des Nuits Secrètes, de Renc’Arts aux Remparts (:p). Non, ici, les derniers sets sont à 23h et on rentre dans nos lits avec le métro.  Cela dit, l’ambiance familière commune aux rassemblements musicaux se fait sentir dès le rituel du bracelet. Je redécouvre avec plaisir la longue allée qui mène aux 4 scènes et aux stands. La fontaine et les statues croisées sur le chemin nous rappellent que nous sommes en ville; c’est donc un privilege de disposer d’un tel espace en bord de Seine.

Instant d’inquiétude tout de même, tous les bars affichent : Kro ou 16. Pardon???.................. AUCUNE des deux!! Déjà que je fais pipi toutes les 1/2h alors, en passant en mission “effet pompette”, ca va être ingérable. Je peux toujours être bourrée mais je le serai dans la queue des toilettes!......................................... Mais non, bien sûr, il y a le “bar des Métalleux” (j’en connais que ça ferait sourire), le PUB que j’ai identifié de loin à son enseigne Guiness. Croyant au mirage, j’ai meme juré que, faute de choix, j’aimerais la Guiness pendant 3 jours. Mon engagement ne sera pas vérifié puisque je peux, joyeusement, savourer la Grimbergen. Et elle n’est pas plus chère que les 2 autres imposteurs de son espèce!

 

C’est donc sereine que je me dirige vers Kid Cudi sur la scène de la Cascade. Revivant un moment de l’année dernière, j’ai peur que la foule gâche le we. Nous ne sommes qu’aux premiers concerts et déjà installés dans l’allée. Mais non, il est possible d’avancer, ouf! Equipée de 2 grands écrans, comme pour la Grande Scène, elle permet de se  mettre dedans sans effort. Totalement subjectivement, je ne trouve pas que cette musique présente un intérêt en live. Ce sont les effets qui sont stimulants mais l’écriture est creuse. Ca ne veut pas dire que ça ne bouge pas, le public accroche et le MC utilise, de façon convaincante, tout l’espace de la scène. Mais je suis ailleurs, les amis arrivent, une préchauffe en somme. Il conclut, à l’américaine, avec l’enchaînement de passages de ses tubes. Super idée! Tout le monde les connait et danse en rythme, sourire aux lèvres. “Tout le monde bouge son flex et laisse tomber ses complexes!” (Ndlr la Merguez)

Ma méthode pour ce festoch : d’abord, sélectionner les artistes et se placer devant la scène. Puis, pour les découvertes, c’est en allant répondre aux besoins naturels d’absorption et de vidange que je m’arrête sur une scène ou l’autre. Je boude donc la Grande Scène qui demande une grande concentration d’énergie pour un résultat incertain. C’est dans cette logique que je me détourne de Foo Fighters pour apprécier General Elektiks, de nouveau sur la scène de la Cascade. Et cette fois, à quelques metres de la scène. Je comprends instantanément que c’est le Moment du week-end. Je ne serai donc pas non plus tout à fait objective en passant une ou deux critiques. En premier lieu, leur musique est géniale et le bassiste, c’est la cerise sur le gateau. Entre ces deux points, il y a la lumière, l’énergie physique, le bonheur d’être sur scène, le choix des morceaux, le talent alors oui, je m’en foo fighters (j’adore ms c’est de Mouss), sans regret! Le bassiste se déhanche avec un visage inexpressif dans un slim rouge et un petit top qu’il réussit à rendre virils! Le chanteur saute et saute derrière son clavier, en présentant certains titres du nouvel album prévu en octobre, acccompagné d’une tournée!!!! L’enchaînement des titres se fait comme pour un concert à part entière, on a meme le final avec des solos incroyables. C’est marrant d’ailleurs, l’opposé de ce qu’a fait Kid Cudi. Et tout ça sur une scène parmi d’autres scenes devant un public hétéroclyte : c’est électrisant!

On reprend nos esprits,… Gais comme des pinsons, on passe au ravitaillement pour lancer un joyeux, bruyant et impromptu “c’est à babord…”. Comme presenté dès le début de ce récit, nous ne sommes pas dans ch’nord et donc en tout, on ne représente pas 5% des assoiffés et on se fait rappeler à l’ordre par les serveuses qui sont fatiguées (tu comprends) : Il y a le Salon Maison et Objets pour toi, Morue!!

Et maintenant Yuksek sur la Scène de l’Industrie, support intermédiaire qui n’a rien de special mis à part le design des rampes de lumières que je trouve ringardes! On est assez loin mais le son arrive jusqu’à nous en bonne qualité. Je ne le dirai jamais assez : mieux vaut être derrière au milieu, devant la régie tout de même, que sur les côtés. Mis au point sur le set precedent, on poursuit notre déhanché libéré sur un Yuksek sympathique mais moins fun le garcon; C’est pas grave, son son est bon. Je me dis qu’il aurait aussi bien pu monter un groupe de rock à minettes avec sa p’tte gueule, sa voix chaude et grave. A part ça, il n’y a pas grand chose à en dire (pardon, pause pipi). C’est toujours un bon moment, en plein air, avec plein de monde, des gobelets et de la pelouse…

J’ai l’impression que plus c’est petit plus j’aime. En effet, la scène Pression Live nichée sur une butte nous amène en retrait de l’allée principale (bah oui vraiment principale parce que c’est la seule!!!), dans les arbres. Comme en plus elle est parallèle à l’allée, on découvre l’inérieur au dernier moment. On y finit avec Death in Vegas que je suis contente de découvrir après un rendez-vous manqué à l’Alhambra. Et bien, je ne le regrette pas. Même si la lumière est superbe (ma préférée du festival), les membres charismatiques, on ne rentre pas dedans. Il y a des montées comme je les aime mais pas de temps forts. J’arrive à la fin du morceau comme devant un film d’horreur à la fin duquel je m’interroge : le réalisateur a-il oublié la scène que l’on se repasse avant de dormir pendant une semaine?(réf : Rec – Ils). Là c’est pareil : pas de temps fort. A leur décharge, on écoute 10 min et on rentre sans leur laisser de 2e chance : à réécouter à la maison…

 

Jésus Marie Joseph, il se met à pleuvoir quand je passe le contrôle. Mon mauvais caractère apparait et puis tout s’arrange : je commence à peine à relativiser que ça s arrête. On commence par la Grande Scène avec the Streets. Même sanction pour Kid Cudi, les chants bof. En revanche, le MC leader casse la barraque. Stérotype de l’impulsif et bagarreur anglais, il remplit l’espace. Torse nu, il invite le public à s’agenouiller à la mémoire d’Amy Winehouse, bel hommage. Et puis il entraîne les premiers rangs à former un large cercle pour y lancer un violent pogo. Il finira par un petit slam. Compte tenu de la bête, le jeune et feminin public devait avoir du mal à le porter dans les airs. Je retiens donc davantage son intéraction avec le public, conviviale et brûtale à la fois. Ce qui est marrant c’est que sur album, il me donnait l’impression d’un garcon discret. C’est un groupe que j’aurais aimé voir en concert mais ils se séparent, dommage…

On se dépêche de rejoindre la scène de la Cascade pour retrouver Cocorosie. Je connais ce qu’elles font sur album sans avoir jamais accroché et je sais aussi qu’elles ont beaucoup de succès. On prend le train en marche et en moins de 30 secondes, je suis hypnotisée. Visuellement, les deux soeurs sont belles, gracieuses, originales + 2 musiciens et un écran, plein de choses à regarder. Ensuite, elles ont chacune une voix particulière et magnifique. Je me fais d’ailleurs la réflexion suivante : la veille, la voix du chanteur de General Elektriks n’était pas puissante alors que là, dingue. Côté instru, rien à dire : clavier, beat box, flutes. Les mélodies sont accrocheuses tout comme le rythme. Mais voilà je suis absorbée, concentrée mais pas transportée ni émue. Je pense que c’est dû à la structure binaire des morceaux. Le refrain composé d’une mélodie lyrique, courte et répétée, associée à des couplets  de MC. C’est trop net, le ying et le yang, l’aigu et le grave, aussi représentée dans l’attitude des 2 interprêtes. Pareil à réécouter… Cela dit, ces 2 filles sont 2 figures de la scène actuelle avec une passion pour ce qu’elle font et un immense bonheur à être sur scène!

Puis, un peu endormie, j’accepte de croiser Keren Ann. En fait, j’ai faim, j’ai soif, j’ai envie de me promener et le bon rock de la Fançaise n’y change rien. Je propose de jeter un oeil à Interpol pour voir s’ils sont aussi mauvais qu’ils l’ont été au Zenith (cf ). Oui, mon dieu, ils ont une belle scène, un immense public mais rien n’y fait, notre chanteur blond semble toujours aussi désespéré. Après Cocorosie, c’est encore plus flagrant et on abandonne vite pour un cornet de Churros.

Et puis, pour terminer, parce que c’est la rentrée, que l’on travaille beaucoup et que l’on est fatigue (vous la sentez la petite pointe de regret), on va attendre Sexy Sushi. On est entouré d’ados et je ne sais pas s’il faut se sentir vieux ou jeune : ni l’un ni l’autre justement! Dès le premier morceau, c’est l’euphorie. Les p’tits sont tout excités par les paroles provocatrices et les rythmes acidulés du duo. Mais ça reste des amateurs d’electro alors ça ne dégénérera pas. Quelques fans montent sur scène et la MC leur laisse la place tout en se déportant sur le côté. Tout le monde lui fait des bisous avant de redescendre et elle enchaîne les titres. 2 performers sont aussi sur scène et donnent de la consistance au show, sans chichi. Tout se met en place dans l’impro, sans effet particulier. On a l’impression d’être dans un club alors que l’on est en plein air, au milieu de 4 scènes. Je pensais aussi que la chanteuse avait un mode de communication avec le public agressif et contestataire. Pas du tout!! En plus d’avoir une belle voix et un bon flow, elle est bourrée d’humour et de réparti! Elle commence en annoncant “Bonsoir Biarritz”, ensuite elle se présente comme étant “Mélanie Laurent”. Plus tard, elle demandera à l’attention de la Grande Scène s’ils ne veulent pas la boucler ces enculés d’Artic Monkeys.  Ce que je ressens résonne comme un concert de Vive la Fête en plus trash et plus convivial. C’est donc, avec une bonne fatigue et un bel échange avec Sexy Sushi que l’on quitte, san regret, le site.

 

Arrivée sous le soleil, tranquille : la priorité est donnée à l’économie d’énergie. Donc, autant l’avouer tout de suite honteusement (et c’est bon la honte), je n’ai pas énormément sollicité mes oreilles en cette belle journée dominicale.

On commence par Concrete kives sur la scène de l’Industrie. Je ne suis pas séduite par le son à la raisonnance californienne : rapide et trop simple. Les 2 voix, feminine et masculine, sont superposées et calées sur la batterie. Cela dit, les jeunes Normands sont carrés, chaleureux et je finis par me laisser conquérir par certaines mélodies. Je repars adoucie par leur gentillesse : une belle entrée en matière!

On ne se précipite pas sur un autre set, on prend son temps. Je pense que l’une des raisons est qu’un festival à 3 sobres ne se vit pas intensément comme un festival à 10, faits comme des Mickeys : les 2 ont  d’ailleurs leur place dans mon Coeur (Oh fabuleux festivals du Nord…). Il faut reconnaître que je rate quelques bons moments mais c’est fait en toute conscience. Je compte sur la programmation des salles parisiennes pour me rattraper. Je pense à Miles Kane que l’on entend de loin. Le problème est là. Si on ne se dirige pas rapidement vers un groupe, on est trop loin pour avoir un bon son. Et dans ce cas, je préfère abandonner. Je ne m’attarderai pas non plus devant Deftones. 

Nous allons donc attendre the Horrors dans le petit coin de la Scène Pression Live et on n’est pas les seuls. Le groupe est jeune et sombre, un peu timide. Le guitariste se cache le visage avec ses cheveux mais semble faire quelques beaux sourires à des personnes choisies parmi le public… Le chanteur remet régulièrement sa mèche en arrière et fait de grands gestes avec son micro. Le bassiste est celui qui me fait le plus rire en faisant de légères vagues avec le haut du corps. Il fixe des points imaginaires en donnant l’impression de ne pas nous voir. Le clavier et la batterie sont scéniquement moins présents. Batterie puissante, rapide et riche qui distribue la guitare, la bass et le chant. Le clavier ajoute de l’aigu et des effets à ce son très rock. Les instruments se confondent et le chant est profond.

Bon voilà c’est tout pour le dimanche, je quitte le festival en emmenant ce que j’ai voulu (enfin presque). La foule n’a pas été un calvaire, il faut juste faire des choix entre les groupes et se positionner. Le timing permet aisément de profiter d’un maximum de groupes. Il est rare de souhaiter voir 2 groupes en même temps. L’attente aux stands et aux toilettes n’est pas interminable. En gros, en mode pépère, on peut carrément s’organiser pour que ça se passe comme on veut. Et si on est raide, tout est à porter de main, peu de risque de se perdre. Les portables passent et c’est loin d’être toujours le cas! Pour ce qui est des scènes, il y a pas de difficulté pour voir et entendre correctement. A part quelques saturations sur les bass, le son est très bon sur chacune des scènes. L’ambiance est plutôt individualiste mais je m’en fiche, je parle pas aux parigots! Les groupes qui passent sont très bons. Je ne fais pas d’appréciation globale parce que je n’en ai pas vu assez. Ce qui est sûr, c’est qu’après le moment que j’ai passé, l’année prochaine, j’y retourne à mon festival de trentenaires qui finit à 1h et qui est à côté de la maison : une belle evasion entre 2 semaines de taf. Et si je trouve plein d’amis, je prendrai peut être mon lundi…

 

 

 

Posté par Laloumette à 13:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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